Les activités humaines

La préservation de ce patrimoine naturel est souvent liée au maintien d'activités humaines respectueuses : gestion forestière durable, maintien des prairies, entretien des bords de rivière...

La majorité des activités et usages du site Natura 2000 s'appuie sur le contexte alluvial de la vallée : l'agriculture, la pêche, la chasse, les loisirs fluviaux, l'alimentation en eau potable...L'eau a façonné les paysages. L'urbanisation et les infrastructures se sont développées hors zone inondable. La population se concentre au sud, à proximité de l'agglomération d'Angoulême et autour de Mansle.

Ainsi, les Hommes et les activités qu'ils pratiquent façonnent le paysage et peuvent être à l'origine d'une richesse biologique exceptionnelle.

L'occupation du sol en 2005 était (Adasea, Charente Nature) :


L’agriculture

L'agriculture est la principale activité économique sur le site Natura 2000. Elle occupe 2443ha (58%) de la superficie du site (culture, prairies, jachères). Les paysages sont fortement marqués par l'agriculture, qui a connu en 40 ans de profondes évolutions.

Dans les années 50-60, l'élevage domine. Progressivement, les exploitations se spécialisent et s'agrandissent. L'utilisation du sol change avec la mise en culture. Les secteurs les plus humides sont restés en prairies, abandonnés ou plantés en peupliers. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces mutations:

  • la situation économique défavorable de l’élevage ;
  • la modernisation de l'agriculture;
  • le contexte agricole national et européen (PAC, loi d’orientation agricole...);
  • l’accroissement de la taille des exploitations par les remembrements.

En 2002, 196 exploitations agricoles ont été recensées sur le site Natura 2000. Elles sont principalement orientées vers les systèmes de production suivant :

  • les cultures  intensives  de  maïs et de céréales. 
  • l'élevage, en diminution avec l'intensification de l'agriculture

Le maintien d’une activité agricole d’élevage constitue un enjeu majeur pour le maintien d'une biodiversité sur le territoire: milieux naturels pour les oiseaux protégés, fonctionnalité des prairies humides...


La sylviculture

Sur le site, les boisements occupent 971 ha (24%) : 30% sont des frênaies, 50% sont des plantations de peupliers. La sylviculture est une activité traditionnelle sur le site, par la coupe de bois de chauffage dans les boisements alluviaux.

Il y a 40 ans, les prairies étaient vouées à l’élevage. Dans les zones les plus humides, celles-ci ont progressivement laissé place à un boisement naturel et à des plantations en peupleraies.

La principale sylviculture est la populiculture (487ha): c'est la seconde activité économique du site. Dans la majorité des cas, elle constitue un revenu complémentaire.

Un accord a été passé avec des organismes de la profession pour une gestion des peupleraies tenant compte des prairies naturelles (habitat d'oiseaux protégés et frayère à Brochet).

 


La gestion de l'eau

L'eau est un élément majeur du site Natura 2000.

La cellule rivière du Conseil Général réhabilite et reconquiert les cours d’eau et leurs abords sur le fleuve non domanial. Les principales actions consistent à planter, étendre les bandes enherbées, libérer l’écoulement des eaux, préserver la faune et la flore et combattre les plantes envahissantes.

À partir de Montignac et jusqu'à l’océan, le fleuve appartient au domaine public fluvial. Le service fleuve Charente du Conseil général mène une politique d’entretien et de gestion du fleuve avec comme objectifs :

  • maintenir le libre écoulement des eaux,
  • entretenir les ouvrages,
  • préserver la ripisylve (flore des rivières et cours d’eau),
  • favoriser la biodiversité,
  • lutter contre les espèces végétales invasives (ex. : jussie, ragondin…),
  • favoriser le développement touristique du fleuve.


La chasse

La chasse se pratique sur l’ensemble du site de la  vallée de la Charente. Les 1444 chasseurs s’organisent dans les sociétés de chasse. Dans 7 communes (Ambérac, Cellettes, Fouqueure, Marcillac-Lanville, Vars, Villognon et Vindelle) se trouvent également des chasses gardées.

Les principales espèces chassées sont les anatidés, les limicoles, les pigeons, les tourterelles, les grives, merles, alouettes des champs, cailles des blés, perdrix et des faisans.
Les espèces considérées comme nuisibles sont chassées en période de chasse ou lors de campagne de régulation.
Des lâchers d’oiseaux sont faits à hauteur de 200 à 500 individus par commune et par an. Le lâcher d’oiseaux de tir (lâcher avant l’ouverture) tend à se réduire. Sur certains secteurs, des palombières ont été installées.

Des actions sont menées par la Fédération des chasseurs et les groupes de chasse locale pour
restaurer des habitats pour le gibier. Ces actions concernent les espèces de plaines.

Concernant les milieux humides, la chasse avec des cartouches en plomb est interdite depuis
2004. Sur la Charente Domaniale, il existe une réglementation particulière avec une licence gibier d’eau délivrée par la DDT, le tir au dessus du lit de la Charente est réglementé.

Les réserves de chasse et de faune sauvage ont pour objectif la protection et la préservation du gibier et de ses habitats. Il existe aussi des réserves « volontaires » créées par des propriétaires non-chasseurs ou par des chasseurs.


La pêche

La pêche se pratique sur tout le site. Il existe des parcours de pêche de nuit sur Saint-Groux et Montignac pour la carpe. En 2002, on comptait 5365 adhérents à l'année.

Une réglementation particulière existe si on se trouve sur la Charente domaniale (accès à la rivière partout) ou la Charente non domaniale (le propriétaire possédant des parcelles en bordure de Charente peut interdire l’accès au fleuve).

La Fédération pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques a mené un programme de restauration, avec d’autres partenaires, des frayères à brochets sur les communes de Saint-Groux, Ambérac, Bignac et Saint-Genis-de-Hiersac (prairies de Basse).

La faune piscicole est un indicateur de la bonne santé du réseau hydraulique et un maillon important de l’écosystème aquatique.


Les autres loisirs

Depuis une trentaine d'année, des activités touristiques se développent : 

  • 150km de chemins de randonnées pédestres/VTT existent sur le site Natura 2000.
  • le canoë kayak se pratique sur l'ensemble du fleuve (aménagement de passe à canoë)
  • aménagements des bords de fleuve: aire de pique-nique, baignades, campgings, centre équestre, arboretum...
  • sur certains secteurs, des particuliers ont aménagé leur terrain pour les activités estivales

Les activités

l'agriculture

la sylviculture

l'eau

Les loisirs:

chasse

pêche

tourisme

 

Occupation du sol par secteur (cliquez pour agrandir)